Dans le monde d'avant, la visioconférence, c’était un truc qui nécessitait des moyens lourds (serveurs, "salons" de visio) et chers, donc rares et réservés au monde professionnel.
Bien sûr il y avait déjà l'appel visio de Whatsapp qui avait pointé son nez, mais bon...
Et puis il y a eu le(s) confinement(s) et tout le monde a découvert que la visioconférence ça pouvait se faire depuis la maison avec son ordi, voir aussi avec son mobile, et même des réfractaires au numérique patentés s'y sont mis, pour tout et n'importe quoi (qui n'a pas fait des apéros-visio au moins une fois par semaine ?).
Blague à part, au-delà de l'usage au boulot qui s'est répandu au point qu'on ait maintenant du mal à organiser des réunions en présence, c'est sûr que c'était bien agréable de voir la famille et les amis alors qu'on était enfermé chez soi ; et ça a donné plein d'idées et ouvert plein de possibilités : concerts et conférences en ligne pour ne citer que cela.
On a découvert au passage qu'il y avait une offre pléthorique, bien sûr dominée par le monde commercial et les GAFAM en particulier : Skype (Microsoft), Meet (Google), Teams (Microsoft), Webex (Cisco), et bien sûr Zoom, le nouvel entrant si doué... Et on vite s'est rendu compte que ces gens-là n'étaient pas des philanthropes, et bien des coïncidences frappantes ont été relevées qui montrent que non seulement ils s'assoient sur la confidentialité des échanges, mais ils font leur miel d'informations indûment captées.
Alors quid de solutions alternatives, respectueuses de la vie privée et de la confidentialité des communications ? En voilà quelques unes.
Elles reposent toutes sur des logiciels libres, c'est toujours mieux que celles citées plus haut dont on ne peut savoir exactement ce qu'elles font :
Nextcloud Talk : solution de visioconférence intégrée à Nextcloud (cf. la rubrique sur le cloud) ;
Big Blue Button : solution avancée de visioconférence, ciblant l'enseignement à distance et adaptée à l'animation de webinaires professionnels ;
OpenMeetings : solution de la fondation Apache, qui développe, entre autres, le serveur web Apache HTTP Server, qui équipe plus de la moitié des serveurs web ;
en enfin Jitsi Meet : solution de visioconférence simple et efficace, dont on va parler un peu plus avant.
Comme tout les autres, ça permet :
de se connecter et communiquer en audio et en vidéo,
de présenter le contenu de son écran (bon, il y a quelques couacs selon les versions de navigateurs, mais c'est un mal communément répandu chez les logiciels de visio),
de discuter par messagerie instantanée (chat),
de prendre des notes à plusieurs dans un document partagé que l'on peut exporter dans divers formats de traitement de texte pour usage ultérieur.
Côté paramétrage, on peut :
se nommer avant de rejoindre la réunion,
choisir les périphériques audio et vidéo à utiliser,
s'identifier avec un avatar centralisé (Gravatar),
quand on est l'organisateur, inviter des participants et fixer les règles d'entrée des invités dans le salon.
Bref, rien d'extraordinaire, rien de clinquant, mais ça fait le job, et ça présente l'avantage de ne pas réclamer un ordi dernier cri pour fonctionner. Bien sûr, avec un accès internet à débit minable, ça va être galère, comme toutes les autres solutions de visio :(
Ce qu'il faut savoir, c'est que Jitsi Meet, c'est un logiciel libre de visioconférence qui n'est pas utilisable tel quel par l'utilisateur lambda, sauf à vouloir l'installer pour fournir le service.
Pour s'en servir, il faudra donc (comme pour tous les autres logiciels de visioconférence d'ailleurs) trouver un fournisseur de service qui l'a installé sur un serveur et qui ouvre des connexions pour les utilisateurs.
Une telle installation est dénommée une instance Jitsi Meet.
Pour ce qui est du respect de la vie privée, ce n'est pas le logiciel Jitsi Meet qui peut le garantir, mais l'engagement de l'organisme qui opère l'instance, c'est pourquoi il vaudra mieux choisir avec attention l'instance que l'on va utiliser.
En voici, quelques unes :
d'abord la plus connue, meet.jit.si : c'est celle des développeurs de Jitsi ;
ensuite il y a celles du réseau d'hébergeurs indépendants les Chatons (dont on a parlé dans la rubrique sur le cloud) ;
enfin, une "méta-instance", Framatalk du réseau d'éducation populaire Framasoft (en fait, Framatalk s'appuie sur un pool de 17 instances).
A titre d'exemple, c'est Jitsi Meet qui équipe le service de webconférence de l'Etat français, et celui de RENATER, le réseau national de l'Education et de la Recherche.
La plupart des services de visioconférence proposent 2 moyens de connexion :
un client web,
un client "lourd" à installer sur l'ordinateur.
Les solutions du monde commercial font en général service minimum sur le client web, pour inciter les utilisateurs à télécharger et installer le client lourd, bien plus efficace pour capter les informations personnelles des utilisateurs.
Pour Jitsi Meet, il existe :
un client lourd pour Windows, Mac OS et les principales distributions Linux,
un client mobile pour iOS et Android (cette dernière est disponible aussi sur F-Droid),
mais à la différence de bien des autres, le client web est tout à fait suffisant sur ordinateur, donc aucune obligation d'installer le client lourd. Sur mobile, par contre, l’installation du client est incontournable.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Jitsi
https://framatalk.org/abc/fr/ et https://framatalk.org/abc/fr/info
https://wiki.chatons.org/doku.php/services/visio-conference/jitsi