Les formats audio

Quand on veut écouter de la musique numérique, on a aujourd’hui le choix de plusieurs supports :

Si le format des données audio diffusés par les service de musique en ligne n’est pas quelque chose de maîtrisable par l’utilisateur, il n’est pas de même pour nos fichiers audio, pour lesquels chacun devra trouver le compromis qui lui va bien entre qualité audio et volume des données à stocker.

C’est le propos de cette fiche que de faire un tour d’horizon sur le sujet.

Rappels sur la numérisation du son

Le son, comme tout signal analogique, peut être numérisé selon deux paramètres fondamentaux :

Aujourd’hui, le standard est dénommé “qualité CD”, à savoir :

Ainsi, 1s de musique enregistrée nécessite 44100 × 2 × 16 bits, et donc 10 mn représentent environ 100 Mo de données.

Mais si l’on s’intéresse à la captation audio, il existe aujourd’hui des équipements audionumériques à la portée de l’amateur qui présentent des performances bien supérieures - couramment 24 bits / 96 kHz, ce qui porte les 10 mn de musique à environ 330 Mo.

Les formats de fichiers

Les fichiers issus de la numérisation d’une forme d’onde (captation audio) ou du ripping1 d’un CD auront la qualité maximale permise par le moyen utilisé, et de ce fait, seront de taille maximale (cf. plus haut), et du coup pas forcément aisé d’en stocker beaucoup sur un petit médium comme un smartphone.

D’où l’idée compresser ces données, avec différents algorithmes de compression (ou codec), ce qui aboutit à différents formats de fichiers, libres ou propriétaires, dont voici les principaux :

Les formats non compressés

Les formats compressés sans perte

Les formats compressés avec perte

Il est à noter que WAV, AIFF, ALAC, ATRAC, RA, MP3, MP4, bien qu’utilisables sans avoir à s’acquitter de droits d’usage, restent des formats propriétaires, donc soumis à modification unilatérale, même si c’est peu probable.

Les algorithmes de compression sont en général dotés de paramètres de réglage, qui influent sur le taux de compression (donc la taille du fichier produit) et sur la qualité du son restitué (en particulier pour les algorithmes de compression avec pertes). Par exemple, par rapport à un fichier WAV donné, un fichier FLAC sera environ 2 fois plus petit, et un fichier MP3 environ 10 fois plus petit au prix d’une moindre qualité.

Tous ces formats (et d’autres encore) sont lisibles par la plupart des media players, et nombre d’entre eux (pas WAV par exemple) offrent la possibilité de renseigner des métadonnées, incluses dans les fichiers et indiquant le titre, l’album, l’artiste, le genre musical, etc., ce qui est bien pratique pour constituer une bibliothèque de musique numérique.

Quel choix pour quel usage ?

Selon leur provenance, les fichiers auront des formats et caractéristiques différentes :

Si l’on écoute la musique sur son ordinateur, où on a de nos jours des capacités de stockage confortables, on sera tenté de garder la qualité maximale, mais encore faudra-t-il que la chaîne de restitution (conversion numérique-analogique, amplification, haut-parleurs, etc.) soit à la hauteur. Or ce n’est souvent pas le cas : une carte son de PC, les petites enceintes qu’on y connecte généralement, sont plutôt de piètre qualité. Aussi vaudra-t-il mieux, par exemple connecter un récepteur Bluetooth de bonne qualité à la chaîne hi-fi du salon, et diffuser la musique dessus.

Si l’on souhaite graver un CD à partir de la musique enregistrée, il faudra commencer par la convertir au format WAV en qualité CD (certains logiciels de gravure s’en chargent, plus ou moins bien), mais il faut être conscient :

Pour emporter sa musique préférée sur son smartphone, où l’espace de stockage est réduit, on choisira un format compressé, de préférence OGG Vorbis si l’on part d’un format non compressé, mais il ne servira à rien de convertir en OGG Vorbis un fichier MP3.


retour au menu


1 ripper” (de l’anglais to rip : déchirer, arracher, mais aussi arnaquer) est l’action de convertir les informations contenues sur un support tel qu’un CD ou un DVD pour les enregistrer sur un ordinateur. C’est le procédé analogue du “repiquage” sur cassette audio des disques vinyles, et pour la même raison, est encadré par la loi : il s’agit d’une copie et la source pouvant être soumise au droit d’auteur, le ripping est restreint par la gestion des droits numériques. A noter que dans la loi française, la copie privée telle que définie par l’article L122-52 du Code de la propriété intellectuelle, est autorisée.
2 par exemple, mon module audionumérique TASCAM US-144 associé au logiciel libre Audacity, produit des fichiers au format AUP, de qualité maximum 24 bits/96 kHz, exportables dans la plupart des formats cités plus haut.